La radio… ah cet amour que j’aime tant!

La radio… ah cet amour que j’aime tant!

 

Au moment d’écrire ces lignes, je viens de commencer un remplacement de quatre semaines à l’animation de Debout VM!, l’émission matinale du réseau Radio VM (91,3 Montréal, 100,3 Sherbrooke, 89,9 Trois-Rivières, 89,3 Victoriaville, 104,1 Rimouski et au radiovm.com). Et jusqu’à la mi-août, je serai l’homme le plus heureux de la planète. C’est un retour à mes anciennes amours, que je ne cesserai jamais d’aimer.  

Voilà maintenant plus de 33 ans que j’exerce ce métier des plus passionnants et exaltants. J’utilise le terme métier plutôt que travail parce que, pour moi, je n’ai jamais « travaillé » à la radio. J’allais à la station, j’allais m’amuser. Je ne suis jamais allé travailler comme tel. Un studio de radio ressemble un peu à un aquarium, avec ses grandes fenêtres hermétiques.

Pas surprenant que je m’y sens comme un poisson dans l’eau!

J’y ai commencé en 1989 à Timmins, dans le nord de l’Ontario, à CFCL (sur la bande AM). À l’époque, il s’agissait d’une institution du nord-ontarien, mais aussi de la seule station francophone de l’Ontario. Après une année aussi remplie qu’agréable à apprendre le métier, j’aboutis à CKCH 970 Hull, filiale de CKAC Montréal au réseau Télémédia (Cogeco Média aujourd’hui). Et puis, à peine deux ans plus tard, me voici débarqué à Montréal (pour ne plus jamais repartir), à la plus grande antenne de ce début des années 90 et la plus prestigieuse de l’histoire de la radio montréalaise, CKAC 730 (on est toujours sur la bande AM!). J’y suis resté plus d’une quinzaine d’années.

Que de plaisir, de fous rires, de surprises, d’émotions de tous genres. La radio m’a permis de connaître et de côtoyer les plus gros noms de l’industrie, les meilleur(e)s animateur(trice)s. Certains sont devenus des amis à vie, d’autres nous ont quitté. Beaucoup d’entre eux m’ont marqué.

J’ai effectué tous les quarts de travail imaginables. Je me suis couché et levé à des heures impossibles, souvent après des périodes de sommeil beaucoup trop courtes. Mais quand on aime, on aime. La raison prend parfois le bord!

En ce mois d’août, je redeviens accroc à ma drogue dure, la radio. Je me lève tous les matins à 4h, heureux, et je prends la direction de la station. C’est mon moment à moi, avec vous, les auditeurs. Avec les intervenants, très nombreux, qui m’accordent le privilège d’accepter mon invitation au micro de Debout VM!, de passer quelques minutes en notre compagnie pour nous informer, nous divertir, nous faire rire, réfléchir, et façonner une partie de notre journée.

Faire de la radio, c’est un peu entrer dans l’intimité de chacun, partager ensemble un moment de vie. Et à la fin, la somme de ces petits moments me rend immensément reconnaissant envers vous, envers les patrons qui me font encore confiance de me prêter leur micro, leur antenne. Avoir un micro devant soi vient avec des responsabilités : professionnalisme, rigueur, écoute et respect. Avoir un micro, c’est aussi et surtout un immense cadeau, que je chéris à chaque minute.

La vie m’a fait plusieurs cadeaux. Sur le plan professionnel, la radio est très haut sur cette liste.

Christian Gauthier
Président et conseiller senior
G5 Communications

Les entrevues marquantes

Les entrevues marquantes

 

Je fais un long détour ici pour vous expliquer comment j’en suis arrivé au sujet de blogue de ce mois de juillet. J’essaie de m’inspirer du moment de l’année, l’été. Qu’est-ce que l’été m’inspire? Le golf.  

Et quand je fais le lien entre mes activités professionnelles, l’été et le golf, j’en arrive aux entrevues marquantes que j’ai pu réaliser. Retour dans le temps : Omnium canadien, été 1997, club Royal Montréal à l’Île-Bizard. Tiger Woods est devenu professionnel l’année précédente et tous les yeux sont tournés vers la nouvelle sensation du circuit. TQS me confie la couverture du tournoi. À part Tiger Woods, un autre gros nom de la planète golf retient l’attention ce week-end. L’Australien Greg Norman terminera le tournoi à un seul coup du vainqueur (Steve Jones). Je me revois, sur le vert du 18e trou, à demander au Requin (c’est le surnom de Norman) s’il accepte de m’accorder une entrevue. Il vient de terminer le tournoi. Il a « perdu » par un seul coup.

A-t-il réellement envie de se faire déranger par un jeune blanc-bec de la télé locale, lui, la vedette planétaire? La seule façon de le savoir, c’est de lui faire la demande, de faire mon travail.

Je m’approche donc de lui avec politesse et respect et j’use de tact, de doigté pour l’aborder. À ma grande surprise, Greg Norman se montre immensément affable et très accessible malgré les circonstances. Je vous rappelle qu’il vient de voir la victoire lui glisser entre les doigts (ce qui lui est arrivé trop souvent au cours de son illustre carrière). Il aurait le droit légitime de m’ignorer, ou de refuser ma demande et d’aller décompresser devant une bonne bière froide, en toute quiétude, loin des reporters, dans le vestiaire.

Au contraire. Norman, souriant, m’invite à faire mon entrevue sur-le-champ, debout au 18e trou, avec la foule massée dans les gradins près de nous. Appuyé sur son bâton, il est généreux de son temps et me dit même de prendre le mien, qu’il n’y a rien de pressant. Quel gentleman!

J’ai vécu le même sentiment, la même chose, quelques mois auparavant. La méga vedette mondiale de la lutte, Hulk Hogan, est à Montréal pour y affronter Jacques Rougeau lors d’un événement spécial. J’obtiens une entrevue, seul à seul, avec lui, pour la radio de CKAC. Lui et moi, dans une petite salle du Centre Molson, ouvert il y a à peine un an.

Je commence l’entrevue avec ma première question : « Mister Hogan… » Il m’arrête en posant la main sur le micro et me corrige. « Mon nom n’est pas M. Hogan, mon nom est Terry. » De son vrai nom Terry Bollea, cet ancien camionneur vient de me démontrer sa simplicité, malgré sa renommée planétaire et son statut de rock star internationale.

Les très grandes vedettes sont souvent extrêmement simples. J’en ai connu un seul qui faisait exception à cette règle de la simplicité. Champion du monde de Formule 1. Un Allemand, très grosse écurie. Petite personne. J’en ai assez dit.

Bon golf!

Christian Gauthier
Président et conseiller senior
G5 Communications

L’été, le baseball, le farniente…

L’été, le baseball, le farniente…

 

Juin. Déjà! Dans mes souvenirs professionnels, l’arrivée du printemps et la venue imminente de l’été me rappellent le baseball, et tout ce qui vient avec. La ligue locale de ma jeunesse, avec nos amis, mais aussi le baseball préparatoire des Blue Jays de Toronto, le baseball majeur, le plus haut niveau, celui que j’ai le plaisir et le privilège d’annoncer à chaque printemps (avant la pandémie de la COVID-19) au Stade olympique à Montréal.

De tous les événements que j’ai animés, qu’ils soient culturels, sportifs, commerciaux ou communautaires, le baseball est assurément l’un des plus relaxes, des plus décontractés. Au baseball, le stress existe pour le lanceur qui est au monticule et qui joue son emploi (ou presque) à chaque présence, pour le frappeur de puissance qui doit justifier son dernier contrat faramineux, mais pas pour l’annonceur du match. Du moins, pas pour moi.

Le baseball est un sport qui se vit dans le présent, de lancer en lancer, de frappeur en frappeur, d’une manche à l’autre, sans précipitation, sans hâte et… sans trop de stress.

Si vous être pressé, vous êtes au mauvais endroit. Si vous êtes stressé, même chose. Ou, non. Une partie de baseball rendra zen le plus anxieux des stressés.

Dès le moment où je mets les pieds au stade, je sens cette atmosphère décontractée.

Sur la passerelle, les reporters et journalistes regardent leurs notes de presse, en attendant le repas d’avant-match. Je descends aux vestiaires pour vérifier de l’information avec les responsables des deux équipes. Les vestiaires sont calmes. Les joueurs blaguent entre eux, se préparent lentement à se diriger vers le terrain pour la période d’échauffement. Le gérant prépare son alignement, jase à bâtons rompus avec les journalistes du beat, de stratégie, de tout et de rien.

Ensuite, le vestiaire des arbitres.

Drôles sans bons sens. Ils se tirent la pipe, se narguent avec leurs décisions ratées de la saison précédente. Mais le stress est totalement absent.

Et puis, la traditionnelle pratique au bâton d’avant-match.

Les joueurs des deux équipes se réunissent autour de la cage des frappeurs, bavardent de la vie, de baseball, de tout et de rien eux aussi. Derrière, en retrait, des personnalités de toutes sortes et de tous les milieux, savourant un moment privilégié d’être sur le même terrain que les joueurs. C’est parfois à se demander si tous ceux qui sont là ont réellement affaire à être là, un peu comme un ring de boxe après un combat de championnat du monde serré.

Et puis, de retour sur la passerelle, le repas d’avant-match, suivi de la partie comme telle.

Le baseball requiert de l’attention, de la concentration, mais il donne le temps de vivre le moment présent. Il permet de jaser avec mon collègue et ami d’enfance, Jean-Guy (le rouquin, sur la caricature de Sylvain Potvin), très grand connaisseur de baseball devant l’Éternel qui m’assiste dans mon travail (c’est Jean-Guy qui m’assiste, pas l’Éternel) pour ne rien rater. Le baseball nous donne le temps de regarder la foule avec des jumelles (on vous a à l’œil). Le baseball est tel qu’il permet d’aller se chercher un breuvage entre les manches, d’échanger avec les journalistes et/ou amis rencontrés en chemin.

La saison de baseball est longue. C’est un marathon. Et un marathon, par sa nature, se court à une vitesse confortable, sans trop se fatiguer inutilement, pour arriver à bon port. Le baseball l’a compris. L’été, c’est le farniente, les vacances. Rien de pressant. Pour un annonceur, c’est le summum de l’appréciation.

Et j’y suis, à nouveau, cet été, en tant qu’annonceur des Titans, au Stade d’Ottawa, un bijou de petit stade de 10 000 places à l’angle de la promenade Vanier et du Queensway. Il vaut le détour. On s’y retrouve? 

Christian Gauthier
Président et conseiller senior
G5 Communications

Guy Lafleur, un géant, un vrai!

Guy Lafleur, un géant, un vrai!

 

Fallait bien que j’appelle Ménick, le barbier des sportifs, pas plus tard que le jeudi après-midi, la veille du décès de Guy Lafleur, pour lui demander des nouvelles toutes fraîches du Démon blond, me doutant tout de même un peu de la réponse. Sa réponse fut instantanée : « Il n’en a plus pour longtemps notre Flower. On va bientôt se réveiller, un bon matin, et il ne sera plus là.»

Je ne me doutais pas que ce matin serait celui du lendemain. Voyez-vous, Guy Lafleur a été loyal jusqu’à sa mort. Ménick était un ami du numéro 10. Depuis son arrivée avec les Canadiens, il est toujours allé voir Ménick pour se faire coiffer. Et quelle chevelure…!

J’ai à peu près tout lu, écouté et regardé dans les jours qui ont suivi son décès. Une foule de souvenirs me sont venus à l’esprit. Je vous les lance pêle-mêle.

Élève, ensuite étudiant, je fais mes devoirs à la maison, le soir.

Lors des soirs de matchs des Canadiens, j’arrête les devoirs pendant que Lafleur est sur la glace… et je recommence quand il quitte la patinoire. Les devoirs n’avancent pas vite les soirs où joue le CH. Quand on manque un match, mon père ou moi, deux questions inévitables sont posées à l’autre le lendemain : « Le Canadien as-tu gagné? Qu’est-ce que Lafleur a fait? »

Mai 1979.

Je viens d’arriver au secondaire. Un de mes amis est un grand partisan des Bruins de Boston. On se nargue régulièrement. Le Canadien affronte les Bruins en demi-finale. Le but égalisateur de Lafleur à la toute fin du 7e match sème l’hystérie dans le Forum. Le CH gagnera le match en prolongation. Bien sûr, je jubile autant devant mon téléviseur que les spectateurs au Forum. C’est fou ce que le magnétisme de cet homme peut provoquer comme réaction!

16 février 1985.

Le Canadien rend hommage à Guy Lafleur lors d’une soirée spéciale au Forum. J’y suis. J’ai tout fait pour dénicher des billets auprès de mes contacts. On retire son numéro 10 à jamais, quelques mois à peine après l’annonce de sa retraite, « une annonce qui n’avait pas d’allure et qui était nettement prématurée », disais-je à tous mes amis. J’étais convaincu qu’il allait revenir. J’ai encore la chair de poule en repensant à cette soirée magique!

Le 4 février 1989.

Son retour au Forum avec les Rangers de New York. Lafleur marque deux buts contre Patrick Roy. Je crie comme un perdu en regardant le match, dans le sous-sol!

Le 30 mars 1991.

Dernier match de Guy Lafleur, avec les Nordiques, au Colisée de Québec. J’y suis, en tant que reporter pour CKAC 730. Quelle chance j’ai de faire ce métier! La grande Ginette Reno interprète (pour la première fois en public, je pense), son grand succès L’Essentiel. Une autre soirée magique et mémorable.

Aussi bizarre que ça puisse paraître, j’oublie ma première rencontre en personne avec lui. Ça sûrement eu lieu au Forum. J’y ai travaillé pour la radio et la télé de 1991 à sa fermeture.

Je me rappelle de ma rencontre avec Guy à son restaurant de Berthierville, à son autre restaurant de Rosemère. Chaque fois, il prenait le temps de s’asseoir avec moi et de jaser, longuement, de hockey et de la vie. Qui suis-je pour qu’il m’accorde ce temps?

Et puis, il y a 5 ou 6 ans, mon amie russe Natalia, avec qui j’ai travaillé aux Jeux olympiques de Sotchi, en 2014, est en vacances chez moi.

Elle a un stage en production de matchs avec le Canadien. Nous attendons l’ascenseur au Centre Bell. Qui arrive? Eh oui… Je lui présente Natalia. Il se met à jaser de ses voyages à Moscou et en Union soviétique. Après quelques photos et une signature d’autographe, il nous quitte. Elle reste bouche bée devant la simplicité et la générosité de cette légende.

Voilà. Guy Lafleur représentait l’excellence!

Il avait un charisme que j’ai vu chez peu de gens dans ma vie. Au fond, ce qui nous a marqué chez lui, c’est bien plus ce qu’il était à l’extérieur de la patinoire. Sur la glace, il était un très grand, le meilleur. À l’extérieur, un géant, un vrai.

 

Christian Gauthier
Président et conseiller senior
G5 Communications

La Russie : pays des coeurs blessés et courageux

La Russie : pays des coeurs blessés et courageux

 

J’avoue, mon blogue de ce mois-ci sort des sentiers battus. Permettez-moi de revenir sur une expérience professsionnelle, mais d’abord et avant tout une expérience humaine. Bien sûr, personne n’est indifférent aux bombardements et aux agressions russes sur le territoire ukrainien et contre sa population. Notre coeur et nos tripes sont tous avec les Ukrainiens. 

J’ignore si je vous l’ai déjà raconté dans un blogue précédent, mais la vie m’a amené à travailler quatre fois en Russie au cours des dernières années. De 2014 à 2019, j’ai travaillé à Sotchi, Kazan, Rostov et Krasnoyarsk (Sibérie), en plus d’avoir visité Moscou et Saint-Pétersbourg. Je n’ai pas logé dans de grandes chaînes hôtelières cinq étoiles; j’ai dormi chez les locaux, j’ai mangé avec le peuple, j’ai côtoyé les « indigènes ».

C’est ainsi qu’on prend le vrai pouls du paysan, qu’on découvre la vraie nature du peuple : dans son quotidien, dans son chez lui.

Au fil de ces voyages, je me suis fait des amis qui le demeureront à vie. J’ai tissé des liens que j’entretiens encore aujourd’hui. Une amie russe est même venue en vacances chez moi à deux reprises. Cette amie, je l’ai contactée la semaine dernière, pour savoir comment elle va, comment elle vit la situation actuelle de son pays et dans son pays.

Je vous assure que beaucoup de Russes souffrent des décisions de leur leader et n’appuient aucunement celles-ci, sauf qu’il leur est difficile de l’exprimer de peur de se faire arrêter et emprisonner. Ça, c’est la vraie réalité du terrain.

Je me rappelle un souper bien arrosé en 2017, à Kazan, avec mes collègues de travail russes après une journée chargée. Le sujet de Vladimir Poutine s’est immiscé dans la conversation. Immédiatement, j’ai senti les mâchoires se crisper et les propos se retenir dans la gorge. Ce n’est que quelques rasades de vodka plus tard que les langues se sont déliées.

La vérité est la suivante : les Russes vivent dans la peur et l’oppression.

Ces gens ont soif de vivre et font preuve d’un courage sans nom. Le Russe moyen est incapable de rêver avoir sa propre maison. Il n’en a pas les moyens, puisque la banque l’attend avec une hypothèque à un taux d’intérêt de 22 à 29 %. Chez nous, on appelle ça un shylock!

Alors que fait le Russe moyen? Il fait sa besogne sans se plaindre, de peur de perdre le peu qu’on lui laisse, et il engourdit son mal de vivre avec sa vodka à 60 % d’alcool. Bien sûr, je résume cavalièrement, et cette réalité n’est pas celle de tous les Russes, mais elle est typique au pays de Poushkine.

Je me désole et je dénonce, comme tous, l’agression russe en Ukraine, mais je refuse de juger le peuple russe pour autant. Il faut avoir marché un kilomètre dans ses chaussures pour le comprendre.

 

Christian Gauthier
Président et conseiller senior
G5 Communications